Rêveur

Voilà donc comme j’étais, rêveur, insouciant, avec l’humeur indépendante et railleuse, me bâtissant une destinée et rêvant à toute la poésie d’une existence pleine d’amour, vivant aussi sur mes souvenirs. Le collège m’était antipathique, un microcosme où la régularité était synonyme d’emprisonnement. Ce serait une curieuse étude que ce profond dégoût des âmes nobles et élevées, manifesté de suite par le contact et le froissement des hommes.

Je n’ai jamais aimé une vie réglée, des heures fixes, une existence d’horloge, où il faut que la pensée s’arrête avec la cloche, où tout est remonté d’avance, pour des siècles et des générations. Cette régularité, sans doute, peut convenir au plus grand nombre, mais pour le pauvre enfant qui se nourrit de poésie, de rêves et de chimères, qui pense à l’amour et à toutes les balivernes, c’est l’éveiller sans cesse de ce songe sublime, c’est ne pas lui laisser un moment de repos, c’est l’étouffer en le ramenant dans notre atmosphère de matérialisme et de bon sens, dont il a horreur et dégoût.

J’allais à l’écart, avec un livre de vers, un roman, de la poésie, quelque chose qui fasse tressaillir ce coeur, vierge de sensations et si désireux d’en avoir. La liberté résidait dans les pages écrites, les mots doux et mélodieux qui offraient une échappatoire, une fenêtre vers un monde où l’âme pouvait respirer.

La amour, ce doux songe, restait un phare dans l’obscurité, une promesse d’émerveillement et de découvertes infinies. Et dans cette quête perpétuelle de beauté et de vérité, je trouvais un sens, une raison de m’évader des chaînes invisibles de la réalité quotidienne. ❤🙏🏾

©️ Beatriz Esmer

Watercolor Painting Art — Mothers

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