Le Verdissement de l’Être

Lorsque le printemps se mouille par l’odeur de ta présence, ce n’est pas seulement une saison qui change; c’est le monde entier qui, dans un spasme de lumière, renaît avec toi. Je ne comprends pas le printemps, je le suis.

Les bourgeons se dressent fièrement, de cette fierté sauvage et muette, pour saluer leur muse. Ils ne regardent pas, ils sont le regard. Et la brise, cette chose impalpable, semble murmurer ton nom, non pas comme un mot, mais como un souffle qui me traverse les os.

La terre est encore humide, lourde des dernières neiges qui n’en finissent pas de mourir. Elle tressaille sous tes pas. C’est un contact presque violent de vie. Je sens cette symphonie de parfums et de promesses me heurter le visage. Est-ce cela, exister ?

Et moi, témoin humble, ou peut-être simplement ébahie, de ce miracle, j’annonce enfin mon propre verdissement. Ce n’est pas un choix, c’est une fatalité. Chaque feuille de mon être frémit, s’étire, se perd dans l’épouvante et la joie de ton retour. Je suis, enfin, vivante.

©️ Beatriz Esmer

©️BEsmer

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