Quand les parents meurent,
le monde perd ses couleurs familières.
Le ciel semble plus vaste, plus froid,
et le cœur, lui, devient un lieu d’échos et de souvenirs.
Une part de nous se brise —
celle qui courait vers leurs bras ouverts,
celle qui croyait que l’amour pouvait tout réparer.
Leurs étreintes ne sont plus là pour nous abriter,
leurs mots ne viennent plus panser nos peurs,
et leurs regards, jadis phares dans la nuit,
se sont fondus dans l’invisible.
La vie devient plus lourde,
comme si le vent soufflait plus fort contre notre poitrine.
Leur amour, ce bouclier invisible,
s’est envolé avec eux,
nous laissant nus face au monde.
Peu importe l’âge,
l’orphelin qui sommeille en nous se réveille.
Même si nous avons des enfants, une maison,
au fond de nous,
vit encore ce petit être
qui cherche la voix de maman,
la main de papa,
le refuge de leur présence.
Et cet enfant ne meurt jamais.
Il grandit avec nous,
mais il pleure en silence
quand les piliers tombent.
Les perdre,
c’est perdre un morceau de notre maison intérieure,
un fragment de notre histoire.
Mais leur amour, lui, ne meurt pas.
Il devient racine, étoile, murmure.
Il façonne nos gestes,
habite nos silences,
et nous rappelle, dans le creux de la nuit,
que le lien entre un parent et son enfant
ne connaît ni fin, ni oubli. ❤️🩹💔
©️ Beatriz Esmer
