L’autre versant de la douleur

Les douleurs de l’âme habitent
l’invisible, là, au creux de la poitrine, que la pharmacie de la terre ne peut atteindre. Alors que le corps trouve sirops et comprimés à ses maux, il n’y a pas de remède exact pour les douleurs de l’âme, car cette souffrance n’a pas de point cardinal et la langue humaine est bien trop courte pour l’expliquer.

Quand ce mal sans nom s’installe, il ne sert à rien de chercher à le noyer dans le travail ou dans l’oubli, puisque la souffrance possède des aiguilles de plomb qui n’obéissent point aux heures du monde et une mémoire qui résiste au temps.

La guérison ne vient donc pas du combat contre la douleur, mais de l’hospitalité qu’on lui offre, en apprenant à vivre avec elle comme on accepte la pluie à l’intérieur de la maison. En fin de compte, guérir, c’est simplement marcher légèrement sur ses propres tessons, en découvrant qu’il est encore possible de s’éveiller de l’intérieur.

© Beatriz Esmer

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